Coups de cœurCritiquesJudith Hotel – Charlotte Le Bon (2018)

Avatar Lidwin Marteaumai 29, 202089/1001176 min
Réalisation
Charlotte Le Bon
Production
FullDawaFilm
❤️
Détail de la note
Réalisation
90%
Scénario
89%
Acting
89%
Aperçu
" La première fois que l’on découvre cet univers, l’histoire nous happe, la concentration est principalement du côté du suspens : de quoi les personnages parlent t-ils ? Quel est cet étrange hôtel ? Qui sont ces gens ? Que va-t-il se passer, et pourquoi prennent-ils tous des somnifères avant d’aller dormir ? C’est l’étrangeté de la situation qui interpelle en premier. "

Les ravages de l’insomnie chronique

 

Je m’en fous, je veux juste dormir.

 

Peu importe la forme d’art choisie, Charlotte Le Bon y incorpore toujours un univers bien à elle, que ce soit par la biais de la peinture, de ses tenues dans l’émission Le Grand Journal puis Le Petit Journal, du dessin ou de la réalisation. Son court-métrage Judith Hotel (2018) était plus qu’attendu tant la première image diffusée était percutante (ce bras sortant de la baignoire aux eaux troubles promettait une photographie artistiquement irréprochable). L’ambiance du film a su répondre aux attentes, la réalisatrice nous a permis de pénétrer son monde 16 minutes durant, nous laissant entrer dans sa bulle entre rêve un peu fou et cauchemar.

 

Ça t’arrive jamais, de confondre rêve et réalité ? 

 

Il est difficile de savoir si les personnages du film sont des Êtres réels ou si ils sortent tout droit d’un monde imaginaire à la Alice aux pays des merveilles (pour adultes). Tous présentent un aspect un peu fou et atypique, ils sont dans leur monde ; le mangeur de stylo bille bleu (Louis, joué par Guillaume Kerbusch), la star déchue (Suzy, jouée par Sarah Calcine), le personnage coiffé d’un sac en papier… Seul l’insomniaque (Rémi, joué par Jean-Baptiste Sagory) semble encore avoir pleinement conscience des choses mais paraît aussi être le plus en souffrance. Toute personne ayant des troubles du sommeil pourrait facilement se reconnaître dans ce personnage triste, subissant la nuit.

 

Copyrights : lebonlebon.com

Un, puis deux, puis trois, … visionnages

 

Ce type de film mérite plusieurs visionnages ; en premier lieu parce que le format choisi par Charlotte Le Bon permet de regarder le court-métrage encore et encore, même pour ces personnes pressées par la vie, mais également parce que la fin du film pousse à rembobiner. La première fois que l’on découvre cet univers, l’histoire nous happe, la concentration est principalement du côté du suspens : de quoi les personnages parlent t-ils ? Quel est cet étrange hôtel ? Qui sont ces gens ? Que va-t-il se passer, et pourquoi prennent-ils tous des somnifères avant d’aller dormir ? C’est l’étrangeté de la situation qui interpelle en premier. Rapidement s’ensuit cette fascination pour la photographie, ces couleurs chatoyantes dans un hôtel morbide, ce rangement toujours parfait des éléments : les armes, la nourriture, les chambres. Le deuxième visionnage permet de comprendre pleinement le sens des dialogues et les sous-entendus. Il est nécessaire pour apprécier la beauté froide de l’objet, et il serait vraiment dommage de passer à côté.

 

L’inattendu Charlotte Le Bon

 

Si les œuvres de la réalisatrice parlent déjà d’elles mêmes, Charlotte Le Bon ne cesse de surprendre dans son approche de l’art. Elle essaie régulièrement des styles différents en fonction de l’objet qu’elle a entre les mains. La réalisation lui réussit grandement puisque ce premier film montre déjà un univers bien à elle et qui restera ancré dans les mémoires. Il ne sera probablement pas compliqué de reconnaître un “Le Bon” si elle décide de s’adonner encore une fois à la réalisation. Judith Hotel fait partie de ces courts-métrages vêtus d’une certaine sensibilité, et dont la structure est irréprochable malgré la difficulté de l’exercice du court.

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Lidwin Marteau

Rédactrice, réalisatrice et photographe quand les pellicules et la lumière le permettent.

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