CritiquesJeu vidéoDetroit : Become Human – David Cage (2018)

Avatar Virgile Durantonjuin 16, 202081/100187 min
Developpeur
Quantic Dreams
Plateforme
PlayStation,
Mode de Jeu
Solo
❤️
Détail de la note
Narration
90%
Game Direction
80%
Direction artistique/sonore
75%
Aperçu
Quantic Dream, malgré ses quelques erreurs, n’est que plus respectable d’avoir cru en un jeu aussi innovateur.

Développé par Quantic Dreams et sorti en 2018 en France, Detroit : Become Human est une pépite du jeu vidéo comme on en a rarement vu. Entre Matrix, Minority Report ou encore Blade Runner, il nous présente un univers futuriste ravagé par la technologie.

 

Du film au jeu vidéo

Au-delà du jeu vidéo, Detroit : Become Human est une véritable expérience audiovisuelle immersive de qualité. On y incarne 3 personnages : Markus, Kara et Connor. Aussi différents les uns des autres, ces trois personnages partagent tous une caractéristique commune, ce sont des androïdes. Dans un monde où l’humain est assisté par des machines dans les aspects les plus quotidiens de son existence, un lourd parfum d’oppression règne. David Cage nous offre un environnement immersif pour exploiter les thématiques de la technologie, de l’esclavagisme et de l’humanité elle-même. D’un claquement de doigt, le joueur devient spectateur, protagoniste, observateur : le travail des séquences est minutieux et complet, elles sont mi-filmées mi-participatives. A l’image du film, on sent bien que l’arrangement des plans suit un storyboard, une intention, une émotion. Les acteurs qui incarnent les personnages principaux (Jesse Williams, Valorie Curry, Bryan Dechart) donnent littéralement vie à ces androïdes qui se libèrent de l’emprise humaine. Le jeu d’acteur est juste et l’histoire n’est que sublimée par les techniques cinématographiques. Detroit : Become Human est, dans la digne lignée de Beyond Two Souls, une prouesse technologique qui, encore une fois, nous prouve que le jeu vidéo est aussi un art.

 

Copyright : Quantic Dream

 

Si nous écrivions l’Histoire, que désirerions-nous changer  ?

 

Detroit : Become Human nous propose un mode de jeu immersif que peu d’autres jeux ont réussi à optimiser. Le joueur est entièrement maître de ses décisions, entraînant des scénarios complètement différents. Souvent, les choix proposés au joueur dans ce genre de jeux ne lui donnent que l’illusion temporaire qu’il peut influer sur l’histoire et la manière dont elle se déroule. Ici, c’est un vrai labyrinth de décisions qui impactent l’expérience du joueur. Les détails ne sont pas absolument parfaits, mais suffisant pour lui signifier qu’il doit agir selon ce qui lui semble être mieux. De fait, jouer à plusieurs relèverait presque de l’expérience sociale, que de confronter un individu aux conséquences morales et physiques de leur approche socio-politique de la situation. Ce n’est qu’à la fin de chaque chapitre, face à l’arbre de possibilités qui se dévoile, que l’on peut réaliser l’envergure du travail effectué par David Cage et ses collaborateurs. La beauté du jeu réside finalement dans son rythme effréné qui nous met à la place des protagonistes : parfois, il faut savoir prendre une décision sans avoir toutes les cartes du jeu. 

Copyright : Quantic Dream

Quantic Dream, malgré ses quelques erreurs, n’est que plus respectable d’avoir cru en un jeu aussi innovateur. La maîtrise du scénario, de la caméra, et de l’art de l’histoire plus généralement fait de ce jeu un chef-d’oeuvre d’un genre qui reste à développer. 

 

 

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Virgile Duranton

Titulaire d'une licence en arts du spectacle (option cinéma) à l'Université de Strasbourg - Président du collectif Les Zinzolins

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