CritiquesScience-fictionSérieDark (Netflix) – D’un début à une fin ?

Avatar Virgile Durantonoctobre 24, 202095/100356 min
Realisation
Baran Bo Odar, Jantje Friese
Distribution
Netflix
Titre original
Dark
Pays
Allemagne
❤️
Détail de la note
Réalisation
95%
Scenario
90%
Acting
100%
Aperçu
La série a duré : 3 saisons, 26 épisodes. Netflix décide, pour une fois, de ne pas épuiser sa poule aux oeufs d’or. 3 saisons, ni plus ni moins : c’est ce qu’il fallait à Dark pour briller.

1 an après la saison 2 de Dark (21 juin 2019), on attendait la suite, prévue au 27 juin 2020. Sans surprise, Baran Bo Odar (le réalisateur) et Jantje Friese (la scénariste) ont su tirer leur épingle du jeu et nous proposer un final aussi ambitieux que réussi.

Copyright Netflix

Une boucle enfin bouclée

Au fur et à mesure des épisodes des deux premières saisons, il est peu à peu devenu clair que de Dark l’on retiendra une boucle paradoxale vouée à se répéter éternellement. Pourtant la saison finale, qui s’annonçait déjà très ambitieuse en ouvrant l’univers à une réplique quelque peu différente de lui-même, s’est donnée la force de briser finalement ce cycle infini, accordant au spectateur après trois saisons de questionnements les réponses qu’il attendait tant. Le périple de Jonas, Martha, Bartosz, Magnus, Franziska ou encore Claudia s’étend à l’autre monde, à leurs alter-égos qui, on s’en rendra compte plus tard, existaient déjà dans les saisons précédentes sans jamais se signifier véritablement.

 

De la justesse de l’adaptation 

Copyright Netflix

Dark, dans son intense complexité, soulevait déjà des réflexions profondes sur la nature de l’existence et la valeur qu’on accorde au temps. Si le final de la saison 2 avait pu en effrayer plus d’un, la saison 3 s’est rapidement montrée rassurante : le développement d’un monde parallèle, d’une réalité altérée qui s’étendrait elle aussi, de fait, sur plusieurs époques, a été agencé consciencieusement pour ne pas égarer le spectateur, mais ne pas tout lui servir sur un plateau d’argent. L’adaptation cinématographique est un chef-d’oeuvre : ces retours incessant dans le futur, le passé, le présent d’un monde à l’autre n’ont pas seulement pour but de dévoiler les secrets du voyage dans le temps, mais analysent à travers la perturbation de la continuité narrative la portée constamment renouvelée de l’histoire cinématographique. Personne, mieux que le cinéma, ne pourrait s’être approprié cette histoire.

 

D’une épopée spectaculaire à une fin suffisante

La série a duré : 3 saisons, 26 épisodes. Netflix décide, pour une fois, de ne pas épuiser sa poule aux oeufs d’or. 3 saisons, ni plus ni moins : c’est ce qu’il fallait à Dark pour briller. Les deux premières saisons auront été à l’image d’une épopée spectaculaire, noyant le spectateur dans une infinitude de détails. La troisième en est la conclusion : l’inévitable chemin tortueux nous menant vers une fin relativement douce quoique difficile. Adam et Eva, deux marionnettistes se déclarant une guerre sans fin, finiront par perdre pied. C’est avec douleur, tristesse, mais surtout soulagement que leur règne cyclique prend fin. De leurs cendres se reconstruira un monde nouveau, un Winden que le spectateur ne connaît pas. Dark nous confronte, une fois encore, à la triste illusion qui berce notre réalité : malgrè les apparences, tout prend fin un jour.

 

Copyright Netflix ; Maja Schöne

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Virgile Duranton

Titulaire d'une licence en arts du spectacle (option cinéma) à l'Université de Strasbourg - Président du collectif Les Zinzolins

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