BlockbusterComédie dramatiquecomédie noireCritiquesSériesuper-hérosThe Boys – Erik Kripke (2019)

Avatar Clothilde Zanottioctobre 25, 202076/1002912 min
Distribution
Amazon Studios
Titre original
The Boys
Pays
États-Unis
❤️
Détail de la note
Réalisation
72%
Scénario
69%
Acting
88%
Aperçu
L’idée est simple et efficace : et si les super-héros étaient plutôt des super-connards ?

Lassé.e.s de tous ces films de super-héros sans enjeux (à part sauver l’Amérique) ? Lassé.e.s par l’invraisemblance des scènes d’actions ou des dégâts collatéraux inexistants ? Avec la série The Boys (2019, d’Erik Kripke), vous êtes au bon endroit. L’idée est simple et efficace : et si les super-héros étaient plutôt des super-connards ?
The boys est une comédie noire de super-héros adaptée des comics de Garth Ennis et Darick Roberston. Grinçante, violente et cynique, voilà un beau cocktail pour se détendre durant cette année 2020. Comme quoi, ça pourrait être pire, des super-héros pourraient exister et être à la botte de Trump.

Une version satirique de Justice League

Sachant à qui elle s’adresse, c’est-à-dire à un public averti, la série pousse les limites du glauque et du sordide à leurs extrêmes, et ça dès le premier épisode. Tout d’abord, les clichés les plus connus sur les super-héros sont intégrés progressivement, histoire de mettre à l’aise son audience dans des images conformes. Puis, sans une once de préparation, la série démantèle chaque clichés avec une déconstruction froide et brutale, servant à choquer ses spectateur.trice.s. Mais aussi pour nous rapprocher du protagoniste principal, Hughie (Jack Quaid), en pleine désillusion face à ses héros de toujours. Ces êtres qualifiés de suprêmes, sont abjects et imbus de leur propre personne, avides de gloire, de reconnaissance et ne ressentent aucune empathie.

La plupart sont basés sur des super-héros préexistants dans notre imaginaire collectif, afin de renforcer notre investissement immédiat pour eux. Le sens esthétique de la série, que ce soit par les effets spéciaux ou par les costumes, nous permet d’identifier facilement les dits-héros. Ainsi nous avons A-Train (Jessie T.Usher) alter-ego de The Flash, mais aussi Queen Maeve (Dominique McElligott) qui n’est autre que Wonder Woman ou encore Homelander (Anthony Starr), rappelant sans un doute notre Superman adoré, et bien, bien d’autres.

Copyright JAN THIJS/AMAZON PRIME VIDEO. Jessie T.Usher as A-Train

D’un côté nous avons donc, littéralement, les anti-héros, ou autrement appelés the Boys, et de l’autre les super-héros (abrégé les Sup’), aussi nommé the Seven. Dans un monde où les Sup’ sont engagés et managés par une multinationale, Vought, incarnant le mal absolu, rien ne peut se dérouler comme prévu pour nos boys.

L’ultime antagoniste

Si vous avez adoré détester Cersei Lannister dans Game Of Thrones (2011-2019, HBO), Perry White dans Big Little Lies (2017-2019, HBO), ou encore Killgrave dans Jessica Jones (2015-2019, Netflix), vous allez être servi.e.s : Homelander, l’antagoniste principal, est un parfait mélange des trois. Ironiquement traduit par Le Protecteur dans la version française, il représente le plus grand danger pour nos boys, et pour tout être sur son passage. Ce dernier possède les mêmes atouts que notre ami kryptonien, à savoir, des yeux-lasers, une force surhumaine, la capacité de voler mais aussi d’être à l’épreuve des balles. Un véritable arsenal à lui tout seul. Plus qu’un méchant traditionnel, Homelander est détestable pour son affligeante invulnérabilité mêlée à son caractère de grand enfant perturbé. Qui réussirait à s’interposer ?

Copyright JAN THIJS/AMAZON PRIME VIDEO. Anthony Starr as Homelander

Un personnage de cette carrure doit être porté par un acteur en conséquence, et Anthony Starr est simplement magistral dans ce rôle. Il incarne avec précision et minutie les nuances de sa palette émotionnelle, allant du capricieux-égocentrique à l’obsessionnel en passant par ses plus beaux faux-semblants devant les projecteurs.
Pour cristalliser ce personnage haut en couleur, rien de mieux que de le faire transparaître au travers d’autres personnages. En effet, il est très peu possible que vous ressentiez de l’affection ou de la compassion pour Homelander, toutefois une compréhension à son égard mêlée à une profondeur particulière ressort de cette saison 1. Quoiqu’il en soit, vous allez adorer le détester lui, mais aussi tous les autres.

Motivé.e à en découdre

Dès la fin du premier épisode, votre envie d’en découdre (ou du moins de les voir mordre la poussière) avec certains Sup’ sera incontrôlable. Non seulement pour Homelander, méchant increvable, coupable d’atrocités qui fera détourner les yeux aux plus téméraires d’entre nous, mais pour quasiment tous les autres super-héros. Incarnant la célébrité et le pouvoir, ils sont adulés de tous. Leur apathie pour certains, l’égocentrisme pour d’autres, ou simplement la perversité malsaine de la corporation qui les emploie : le tout fait transpirer de haine pour ces héros-salauds. Ce désir de les voir payer pour le mal qu’ils ont commis va vous accompagner durant les huit épisodes de cette saison 1.

ALERTE SPOILERS

Parmi les scènes qui mettent en colère, la scène de l’avion qu’Homelander et Maeve abandonnent est simplement déchirante. Entre le dégoût, l’impuissance et la peine éprouvée, cet événement marque un point pivot dans l’histoire, marquant de manière indélébile Maeve rongée par les remords.
Toute aussi glaçante pour ses propres raisons, la scène de l’agression sexuelle que The Deep (Chase Crawford) inflige à Annie (Erin Moriarty) lors de son arrivée dans les Seven. Cette scène exploite la rupture de ton avec dextérité afin de mettre en avant le choc et l’incompréhension d’Annie, mais également sa frustrante impuissance dans sa position.

FIN ALERTE SPOILERS

Copyright JAN THIJS AMAZON PRIME VIDEO. Jack Quaid as Hughie, Karl Urban as Butcher

La saison 1 de The Boys tient ses promesses envers les intrigues principales, à savoir : qu’est devenue la femme de Butcher et à quoi sert le Composé V ? Incarnée par des personnages attachants, farfelus ou simplement détraqués, la série vous mènera par le bout du nez jusqu’à son grand final. Le tout maintenu dans un rythme d’actions type montagne-russe qui vous fera engloutir deux voire trois épisodes d’un coup. Entre un défouloir loin de la bienséance, une source d’humour noir et un glauque perpétuel, The Boys est une série à rattraper au plus vite, promettant une saison 2 encore plus explosive en hémoglobine.

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Clothilde Zanotti

Scénariste, réalisatrice et monteuse dans le collectif Les Zinzolins

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